Labour d'un apallu
Par marc Dalbavie, jeudi 12 novembre 2009 à 23:27 :: SAISONS :: #125 :: rss
Mardi, j'ai décidé de labourer l'apallu de blé.

Il faisait beau, quelques jours de soleil dans un automne qui s'annonce pluvieux... problème pour les semailles. L'apallu, c'est la parcelle de blé qui se trouve au milieu de la vigne.
Un blé ancien: le rouge... tout à fait en phase avec le vin.
Cette ancienne technique me donne beaucoup de plaisir à entretenir. D'abord elle crée de la bio diversité, mais en plus, découvrir une parcelle de blé au milieu des vignes... cela donne un équilibre au paysage. Je suis sûr que l'esthétique de l'oeil n'est pas sans relation avec l'équilibre naturel. Certes, il m'arrive d'admirer un champs de blé à perte de vue... dans la Beauce ou dans le Dakota. L'extrème horizontalité de ce type de paysage provoque chez moi, soit un vertige, soit une sorte de contemplation hypnotique! La sensation d'infini devient parfois ennivrante. Mais en général, la variété des formes et des couleurs naturelles, me procurent, je ne sais pourquoi, une sorte d'appaisement. J'ai l'impression de communier avec l'expérience si particulière de l'équilibre. Lorsque pour la première fois je suis monté sur un vélo et que je réussis à garder mon équilibre en me lançant... le souvenir d'une émotion intense qui clairement dépassait le simple fait de faire de la bicyclette s'est gravé dans ma mémoire. J'avais trouvé cela magique et c'est ce que je cherche dans mes vins. Point de terroir, ni de fruité... point de souplesse ni de charme.... pas de puissance... pas de complexité... pas de minéralité... rien de ce à quoi je croyais autrefois. Je recherche l'équilibre comme un funambule sur un fil tendu au dessus d'un précipice. L'équilibre confronté au vertige de l'espace. Une expérience naturelle en fin de compte... quelquechose qui a avoir avec la fragilité d'un pétal de fleur ou le frôlement d'un souffle d'air sur le visage. C'est pourquoi j'ai décidé de faire l'élevage du Petit Manoir dans des amphores en terre cuite. Echange entre la vigne et la terre, entre le vin et l'argile, entre le fermenté et le cuit. La circularité de l'amphore, une ligne sans fin, et la porosité de la terre cuite... une brise d'oxygène. L'oxydo réduction non pas produite par un cousin lointain de la vigne, le chêne, mais par la terre nourricière! Le blé, les pommiers, les chênes, la vigne... tout pousse, tout doit pousser ensemble dans une sorte de spirale de la fertilité.
Le labour a réussi, grâce à jean, bien sûr... demain je sème!
Commentaires
1. Le vendredi 13 novembre 2009 à 13:00, par Lilian
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