Domaine de la Voie Blanche

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dimanche 26 avril 2009

Premier traitement

Après un long silence dû à des voyages et à une activité viticole intense, me voici revenu à la faveur de pluies abondantes. La semaine dernière était particulièrement chargée dans la vigne grâce au soleil et à la chaleur.... magnifiques auxiliaires pour le desherbage et l'aération des sols. En effet, en viticulture bio, on n'utilise pas de desherbant chimique, on arrache l'herbe pendant que le sol est encore frais et humide sans être mouillé et on compte que le soleil et la chaleur tuent les végétaux ainsi laissés à terre. Sur l'argile la marge de manoeuvre est étroite, il ne faut pas que le sol soit trop sec, et il faut du soleil....! Compliqué! non? Si l'on rate cette fenêtre d'Avril, cela peut repousser le travail à mi-Mai! voire plus tard... les herbes étant mieux installées et plus dures à arracher, voire impossible. Il ne faut donc pas rater le moment et saisir sa chance quand la nature le décide. Il a fallu donc foncer et passer les roto-griffes. Puis, c'était le moment pour semer le couvert végétal un rang sur deux avec passage de disques pour bien mettre les semences en contact avec le sol tout en créant un coussin d'air (particulièrement efficace pour la fertilité). Le semis que j'utilise est un mélange de fétuque rouge et de ray-grass anglais, très bon indice de portance pour supporter les passages du tracteur, et bons régulateurs hydriques. A cela j'ai rajouté du trèfle blanc... une légumineuse intéressante pour amener un peu d'azote et autres bonnes choses, par les fauches successives... l'engrais vert culte de Fukuoka. La pluie arrivant vendredi, il fallait finir tout ces travaux avant... plus faire le premier sulfatage avec un peu de bouillie bordelaise, du soufre et un chouilla de manganèse... tout notre coteau en manque... tout ça à dose homéopathique. On a sortie donc le pulvérisateur de la grange, pour la première fois de la saison, début d'un long processus qui se terminera en Août.

une habitude qu'il faut reprendre... puis on a disposé des pièges à insectes ravageurs de la vigne; cochylis, eudémis, cicadelle verte, cicadelle de la flavescence dorée... toutes ces petites bêtes qui sont si jolies à regarder mais qui créent tout de suite sur le vigneron... une situation de stress indescriptible.

grâce à deux pièges, je pourrai compter la population de ces insectes dans ma vigne et décider des intervention en connaissance de cause. Il n'y a jamais eu d'insecticide au vignoble du Petit Manoir, et je tiens à ce que cela continue... il faut donc parfaitement connaitre ce qui s'y passe au niveau de toute cette faune. Chaque espèce d'insecte a son propre développement avec des moments de pullulation qui sont différents. C'est toute ces différentes "temporalités" qu'il me faut maîtriser. En plus de cela, tous mes comptages sont envoyés dans une antenne de veille au sein d'Agrobio Périgord. Ainsi, tous les autres vignerons peuvent profiter des observations de ceux qui participent au programme de comptage. C'est une sorte de solidarité... toujours stimulante. Et oui, il ne faut pas que planter et arroser pour qu'une plante prospère. Il lui faut des soins particulièrement bien adaptés car la plante que l'on utilise pour produire de l'alimentation n'est pas dans les même conditions que celle qui est sauvage. Elle est comme un sportif... elle a donc besoin de beaucoup d'attention... et d'amour d'une certaine manière. Un amour intéressé me direz-vous?... peut-être! Mais à part celui porté par une mère et un père à son enfant, lequel n'est-il pas intéressé? En fait il y a comme une symbiose entre la plante et le vigneron qui la cultive. Et si cette symbiose est réellement ressentie, la vigne en est gratifiée et elle le rend bien a son ami le vigneron. C'est ça que je crois... plus je m'occupe de ma vigne, plus elle me remercie avec des raisins magnifiques. Il doit bien avoir une morale entre l'homme et la nature!!!

mercredi 15 avril 2009

stade 10 du développement

Et oui, aujourd'hui le 15 Avril, on est au stade 10 sur l'echelle de Eichhorn et Lorenz, du développement de la vigne du "Petit Manoir"

L'étalement des feuilles commence et on entrevoit une petite grappe au coeur de la corolle de feuilles. Pendant cette poussée Nathalie continue à plier les lattes sur le premier fils

C'est aussi le moment pour moi de finir le palissage de la nouvelle plantation. Il a beaucoup plu dernièrement et la terre est encore souple ce qui me permet d'enfoncer les amarres qui vont tenir les piquets et toute la structure porteuse de la vigne. Il m'a fallu trouver des amarres un peu spéciales à cause du sol particulièrement pierreux et rustique du "Petit Manoir". On les appelle des amarres harpon! En effet elles ont une forme de flèches avec des ailettes qui font penser à un harpon

Cette forme est la seule possible pour s'enfoncer dans ce type de sol... particulièrement ingras... comme disent les anciens, "c'est un sol de vigne... ni pommes de terre, ni carottes ne poussent dedans". Ainsi, il faut prendre une masse et frapper sur la très solide tige en acier pour faire plonger l'amarre dans le sol

je vous assure qu'il faut de la force, de la précision et de l'endurance pour ce travail. C'est un travail de forçat comme il en existe encore dans le vignoble

Pensez qu'il y a quelquefois, jusqu'a 200 amarres à enfoncer!!! Une fois celle-ci en place, il faut la tourner d'un quart de tour environ, pour que les ailettes en acier se plient et forme ainsi un demi-cercle horizontal en profondeur, ce qui rendra l'amarre particulièrement solide. J'utilise une clé à griffes enmanchée dans un tuyau en fer pour faire levier et donner de la force, car l'amarre ne va pas se laisser tourner facilement!!

Ensuite on fixe un crochet sur l'amarre

crochet sur lequel on va attacher le fils de fer

puis on fixe le fils sur le poteau de bout de rang qui est légèrement incliné

on cale la boucle du fils en plantant un cavalier

et voilà, le travail est fini...

notre chienne Taïga apprécie le boulot... fini, fini... il reste à placer les fils d'un bout de rang à l'autre... mettre des tendeurs... répéter cette opération plusieurs fois...! Je crois que la nuit sera profonde

lundi 13 avril 2009

débourrement suite

Stade 9 dans l'échelle de Eichhorn et Lorenz... nous sommes le 13 Avril 2009

La préparation des premiers traitements approche... certains ceps frisent même les 11 voire 12 sur l'echelle!

Nous sommes prêt... mais il faut que le temps le permette. Pour le moment, nous sommes dans une zone pluvieuse jusqu'à la fin de la semaine... ensuite, pourvu qu'il y ait un passage sec pour passer les tracteurs sinon il faudra traiter à dos d'homme... le bio... c'est exigent.

jeudi 9 avril 2009

Le printemps entre dans sa vitesse de croisière

Le poirier Le Lectier, vieille variété d'Aquitaine montre enfin tout son panache

ansi que l'abricotier Bergeron... sur sa fin de floraison

Au Domaine de la Voie Blanche, nous avons un verger collection avec de vieilles variétés de fruitiers, ainsi des poires Boutoc, Caillaou, Bergamotte, Monsallard, voisinent avec des prunes d'Ente, des pêches Grosse Mignonne, Reine des vergers, ou des abricotiers Bergeron, Précoce de Saumur, non loin des cerises Griotte de Moissac, Gros Guin Noir, Bigarreau Blanc ou Négrale.

Des goûts que l'on ne trouve plus sur le marchés! Et les fleurs en valent la peine

la beauté de cette fleur de poirier annonce t'elle la saveur sucrée et parfumée de la Lectier? Y a t'il lien entre la beauté visuelle et le goût? On voit que si les grands chefs cuisiniers aiment à harmoniser les deux sensations, la nature l'a fait depuis toujours... éternel modèle de nos sens!

Quant à la vigne... elle en est à son stade 6 sur l'echelle de Eichhorn & Lorenz, c'est à dire fin d'apparition de la pointe verte ou rose et début de sortie des feuilles que l'on voit à peine

Nous sommes le 9 avril, donc tout est normal pour le moment... la floraison est pour Juin, je vous en reparlerai alors. La vigne ne produit pas une fleur mais une inflorescence... affaire à suivre.