Domaine de la Voie Blanche

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vendredi 30 mai 2008

mise en bouteille

Après 80 litres d'eau au m2 ce dernier dimanche, on aurait pu croire à juste titre que le désespoir d'avoir une vendange saine avec une belle production soit largement remise en cause chez les bios... et donc chez votre serviteur... désespoir amenant naturellement à la perte de toute envie de travailler... et bien non! Grosses pluies ou non, il a fallu mettre en bouteille la production de 2007 et 2006 (Barbeyrolles).

L'entreprise de mise en bouteille est arrivé assez tôt ce vendredi 30 mai. Elle dispose d'un camion et d'une remorque dans lesquelle une mini usine est placée... elle peut ainsi se déplacer partout où se trouve un chai.

Le technicien a dû préparer son outil avec beaucoup de soins. Il faut dire que la production du Domaine de la Voie Blanche est relativement petite. Il faut de petites structures mais avec une technologie de pointe pour se déplacer vers des clients difficiles d'accés et exigents. Après cela, et une heure de réglage, nous avons enfin réussi à sortir les premières bouteilles de l'Alba 2008: un savoureux blanc aussi bon que rare 800 bouteilles de 50cl litres produites!!!

Les réglage de cette "mini usine" que constitue une "chaine d'embouteillement" arrive à nous faire prendre des positions....

que seul le calme de sylvain nous permet de garder la tête froide!

Enfin les premiers Barbeyrolles sortent

C'est un mécanisme complexe qu'une machine d'embouteillement. Il faut "tirer" le vin, mettre délicatement et sans déborder les fabuleux nectares dans la bouteille puis placer le bouchon (c'est ce qu'on appelle le tirer-boucher).

ainsi, il faut amener les bouteiles sur la machine, mettre le vin dans chacune d'entre elles, puis fermer avec un bouchon de liège.

Une fois les bouteilles mises sur le ruban mécanique qui va les amener en un temps calculé et précis (afin que le bouchon prenne sa place) au bout de la chaîne, il suffit de placer les bouteilles dans un boxe en bois que l'on peut déplacer aisément.

Ici, les deux collines blancs qui portent le nom d'Alba, sont mises dans le boxe.

Il reste plus que les étiquettes et les capsules pour le bouchon.

Encore beaucoup de travail en perspective.

dimanche 18 mai 2008

printemps encore

Le travail et un printemps pluvieux nous ont éloignés de l'écriture...! Nous nous sommes toujours donnés comme objectif de vous tenir informé de nos travaux, chose promise chose due!

La pluie constante nous oblige à être très vigilants sur l'état de santé de la vigne. Les traitements en conduite biologique ne sont que préventifs, on n'a pas la possibilté d'intervenir avec ce que l'on appelle des produits systémiques qui très souvent sont curatifs. En gros, pour soigner un rhum, on ne peut utiliser que des infusions et des grogs... pas d'antibiotiques qui pénètrent dans le sang. L'idéal du bio est de renforcer les défenses immunitaires du corps pour qu'il se défendent lui-même. Bien entendu, il faut lui donner un coup de main, car la nature n'est pas forcément favorable à la trop grande résistance des individus d'une espèce...! Enfin! ceci est un vaste débat. Ainsi, tous les produits sont des produits de contact qui protègent en les recouvrant les feuilles, les pampres et les fruits mais qui ne pénètrent pas dans la sève. C'est ce qui nous différencie de l'agriculture chimique et raisonnée. L'intérêt est évident pour celui qui consomme et pour l'environnement, mais pour le producteur, les contraintes font qu'il faut quelquefois intervenir plusieurs fois par semaine et quelquefois le dimanche. Nous sommes dans une période où la vigne pousse beaucoup (plusieurs millimètres par jour) et chaque nouvelle pousse apporte des tissus nouveaux qui ne sont pas protégés contre les maladies. C'est donc une vigilence de tous les instants.

Par ailleurs, il faut garder le maximum de biodiversités. Ainsi, cette terre dans notre propriété qui était tondue très tôt comme un gazon anglais, je la laisse maintenant se développer naturellement pour que les fleurs puissent grainer et se reproduire et ainsi créer une diversité végétale avec la présence de graminées, de légumineuses, de céréales, de crucifères...

Le résultat est très beau tout en ayant une réelle efficacité biologique. La multiplicité des insectes qui vont être attirés par cette pièce de terre, va permettre d'éviter qu'une seule prenne le dessus sur les autres et donc de prévenir les conséquences désastreuses d'une pullulation d'une seule espèce. Bref, la recherche de l'équilibre!

Tenez, j'ai pris une photo d'une toute petite grappe de raisin en formation

Il y a deux échelles qui décrivent l'évolution de la vigne du bourgeons à la vendange: celle de Baggiolini qui va de A à V et celle de Eichhorn & Lorenz qui va de 01 à 37. Sur cette photo nous sommes au stade H chez Baggiolini et 17 chez Eichhorn et Lonrenz. C'est intéressant car si l'on marque chaque année les différents moments où les stades arrivent, on peut comparer d'une année sur l'autre les modifications, les retards...

Sur les merlots, on peut aussi remarquer la petite grappe bien formée

D'ailleurs, la végétation commence déjà à prendre une certaine importance sur le pied, et cela nous indique que des travaux de relevage sont à prévoir dans quelques temps. Le relevage est assez pénible en général, surtout si la vigne est très développée et que l'on a pris du retard dans le calendriers!

Les "mauvaises herbes" commencent à se développer avec, pour le viticulteur bio, l'attente que le temps nous permette d'intervenir dans la vigne avec les interceps et les griffes. Nous verrons cela dans un prochain blog. Il reste toujours la cavailloneuse et la décavailloneuse tirée par des boeufs!